laboratoire de geodynamique des rifts et marges passives du mans
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  Principales thématiques développées au laboratoire de Géosciences du Mans
   
   
   
  1- Magmatisme et rupture lithosphérique
   
 

Ce thème est celui de l’équipe sortante du LGRMP (EA 3264), restructurée. Il est important de poursuivre cette dynamique de recherche intéressante qui s’est traduite par un bon financement lors du dernier quadriennal (GDR Marges, INSU, IPEV) mais de focaliser l’activité vers le thème magma et déformation en extension. Il est à noter que le LGRMP était maître d’œuvre de l’une des actions du GDR Marges (le GDR se termine en 2006 sous sa forme actuelle, mais les actions précédentes restent financées en 2007). Le LGRMP s’est spécialisé ces dernières années dans l’étude des marges passives volcaniques qui sont des zones de rupture lithosphérique très rapides associées à une production magmatique particulièrement importante (> 1km3/an). Ces marges se forment très généralement au sein d’une lithosphère continentale qui est déjà en extension lente, avec formation de bassins sédimentaires. Les marges volcaniques sont associées à un boudinage lithosphérique étroit et sont associées, dans la croûte supérieure, au développement de prismes de laves inclinées vers l’océan (SDRs) limités par de grands détachements à pendage vers le continent.
Les problématiques sur laquelle nous proposons de nous concentrer sont celles des conséquences isostatiques, thermiques et tectoniques des accumulations rapides de magma (laves/projection + essaim de dykes et de sills) dans l’évolution des rifts sédimentaires adjacents aux marges volcaniques, qui sont eux-mêmes recouverts et/ou intrudés de magma. Il est important, par exemple, de comprendre les effets flexuraux (et donc thermiques) de la surcharge liée à la mise en place d’un prisme SDR (jusqu’à 12km d’épaisseur de magma) sur les bassins sédimentaires adjacents. Une thèse débute au Mans sur ce thème (financement étranger, étudiant inscrit au Mans) à partir de l’exemple de la marge volcanique SE de la Baie de Baffin (programme 290 de l’IPEV). Le financement de ce travail de recherche provient du GDR Marges (financement reconduit pour 2007 au moins) et de l’IPEV.

   
  2- Magmas et bassins sédimentaires
   
 

Nous cherchons à nous focaliser sur le thème du « plombage » magmatique des bassins sédimentaires. Les bassins adjacents aux marges volcaniques sont recoupés par un réseau complexe d’intrusions mafiques (essaims de sills reliés par des dykes). Ces sills peuvent représenter jusqu’à 10% de l’épaisseur cumulée des bassins intrudés. Il est important de comprendre les mécanismes d’injection des magmas dans un milieu stratifié hétérogène : dynamique de mise en place des essaims de sills, causes de la segmentation des intrusions, relations mécaniques entre intrusions et failles, effet thermique des intrusions isolées et en essaims. Les processus physiques de contamination chimique du magma lors de sa mise en place ainsi que les transferts ioniques vers l’encaissant sédimentaire sont mal compris, tout comme les conséquences de cette assimilation sur la formation de phases spécifiques. Ce thème est également directement en relation avec le soutien du LGRMP par le GDR Marges (et Euromargin ; cf. document bilan de l’EA 3264). Un seul autre laboratoire européen, avec lequel nous sommes en contact, travaille spécifiquement sur ce thème (Physics of Geological Processes, Oslo, Resp. : Sverre Planke http://www.fys.uio.no/pgp/) qui intéresse le domaine pétrolier et s’inscrit aussi dans la compréhension des changements climatiques brutaux lors des grandes périodes volcaniques*
Nous utiliserons la modélisation numérique et analogique pour étudier la propagation de cracks sous pression de fluide dans un milieu stratifié en collaboration avec le PGP. Nous étudierons également de manière très fine les phénomènes de contamination chimique entre magma et sédiments (études de cas au Portugal et en Ecosse ; travail supervisé par E. Humler). Ce travail fait l’objet d’une thèse qui débute en 2006, en co-encadrement Le Mans-Nantes. En outre, toujours en collaboration avec Nantes (P. Launeau) mais aussi Paris VI, nous continuerons à développer des outils d’étude des écoulements magmatiques dans les intrusions planaires en développant notamment une comparaison sur quelques intrusions tests entre les méthodes que nous avons développées au LGRMP (AMS : méthode des foliations) et une étude originale (in situ) de l’anisotropie de propagation d’ondes de haute fréquence dans ces mêmes intrusions.

   
  3- Dynamique des circulations hydrothermales
   
  En collaboration avec l’ENS Paris (laboratoire de Géologie), l’EOST (équipe sismologie), l’Université de Reykjavik (ex-Nordvulk) et Nantes (groupe de géophysique) nous entamons une recherche spécifique sur les circulations de fluides en milieu basaltique « chaud ». Cette étude fait l’objet d’un co-encadrement de thèse à partir de 2006 entre l’ENS et notre équipe (allocation AMN), l’étudiante effectuant son travail de recherche et son monitorat au Mans. Cette étude fait suite à une collaboration en cours entre l’EOST (Catherine Dorbath, IRD) et le LGRMP dans le cadre de la réalisation d’une expérience de sismologie expérimentale de 5 mois en 2005 au niveau du rift actif du SW de la péninsule de Reykjanes en Islande (17 stations installées en plus du réseau permament islandais). Cette étude précédente constitue une base de données très importante pour contraindre notamment les circulations de fluides sous-pression dans une croûte supérieure volcanique. Nous tenons tout d’abord à définir précisément le milieu basaltique en terme de perméabilité, tout particulièrement en contexte géothermal. Nous réaliserons un modèle direct de perméabilité d’un système hydrothermal de type dorsale océanique à partir de prélèvements de carottes in situ sur un complexe islandais érodé (étude indépendante de la porosité des blocs délimités par les joints dans lesquels circulent les fluides, étude de la porosité effective du colmatage des joints –y compris inter-coulées-, étude géométrique du milieu fracturé). Ces carottes seront étudiées sous des pressions équivalentes à celles des systèmes actifs, à partir de la presse triaxiale de l’ENS à Paris (travil supervisé par Y. Guéguen). Nous réaliserons en Islande une nouvelle étude géophysique couplée (microsismologie, MT, méthodes électriques) de grande définition (mais à faible profondeur) de l’un des complexes géothermiques imagé lors de l’étude sismologique initiale. Des travaux de modélisation numérique mais aussi expérimentales (cracking sous pression dans un matériau analogique entourés de capteurs et rupture sous pression de fluides dans une presse triaxiale avec microcapteurs d’ondes émises) seront menés en parallèle en collaboration avec le laboratoire d’acoustique de l’Université du Maine (LAUM, UMR 6613) et l’ENS de Paris. Ces travaux chercheront à préciser la forme du signal sismique caractéristique d’un fluide en circulation dans une fracture pour comparer les enregistrements sismiques (y compris basses fréquences) aux données recueillies in situ. L’ensemble des données (expérimentales et in-situ sur le terrain) sera confronté pour construire un modèle réaliste de circulation de fluides en convection dans un complexe géothermique.